Lorsque l’Inde a terminé dernière aux Jeux olympiques de Londres en 2012, Manpreet Singh était un adolescent qui tentait encore de s’établir dans le hockey international.
Quatorze ans plus tard mercredi, lorsqu’il est entré sur le terrain contre l’Allemagne à Rotterdam pour sa 413e sélection internationale, devenant ainsi le joueur le plus capé de l’histoire du hockey indien en dépassant Dilip Tirkey, il était l’un des derniers maillons restants de cette équipe.
Entre ces deux moments se situe peut-être la période la plus turbulente et transformatrice de l’histoire du hockey indien. L’Inde est passée de l’humiliation aux médailles olympiques, de la reconstruction à la résurgence. Les managers se sont succédé, les systèmes tactiques ont évolué et des générations entières de joueurs ont évolué au sein de l’équipe nationale.
Malgré tout cela, Manpreet a tenu bon. C’est ce qui rend cette étape remarquable.
Au hockey indien, une seule année peut ressembler à une vie. C’est un sport régi par des exigences physiques brutales, une compétition acharnée pour les places et un écosystème administratif rarement connu pour sa patience. Souvent, les joueurs sont simplement victimes d’un mauvais tournoi, d’une blessure ou d’un changement d’entraîneur. La longévité est rare. Tenir 15 ans au plus haut niveau est presque du jamais vu.
C’est une chose à laquelle l’attaquant vétéran Hardik Singh ne cesse de faire allusion. Lorsque Manpreet a fait ses débuts, Hardik était encore un écolier qui le regardait à la télévision. Mercredi, tous deux partageaient le même milieu de terrain qui a coupé l’Allemagne en FIH Pro League. L’Inde a gagné 3-1 dans une rare performance dominante cette saison. Manpreet n’a pas marqué, mais il était là, faisant ce qu’il fait de mieux : ajouter de la force à l’attaque et de la solidité à la défense.
Ce qui a permis à Manpreet de perdurer là où tant d’autres ont disparu, c’est sa volonté de se réinventer constamment. (Hockey Inde)
Ce qui a permis à Manpreet de perdurer là où tant d’autres ont disparu, c’est sa volonté de se réinventer constamment.
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Le milieu de terrain qui a fait irruption sur la scène était défini par une énergie implacable. Il semblait capable de couvrir chaque brin d’herbe du terrain, de faire pression sur ses adversaires, de porter le ballon vers l’avant et d’apparaître dans les deux cercles en quelques minutes. Comme beaucoup d’athlètes de sa génération, il a mis l’accent sur le physique et les marqueurs visibles de la condition physique qui dominaient les conversations sportives il y a dix ans.
Mais le hockey moderne ne récompense pas la nostalgie.
Après les Jeux olympiques de Paris, Manpreet a reconnu que rester le même signifierait prendre du retard. A 33 ans, il entreprend une autre transformation. Elle a perdu beaucoup de poids, modifié ses routines d’entraînement et s’est concentrée sur l’agilité, l’endurance et la récupération. Le but n’était pas simplement de rester en forme ; il fallait qu’il reste pertinent.
Le changement s’est étendu au-delà de sa condition physique.
Alors que l’âge enlève inévitablement une partie du rythme et de l’explosivité, Manpreet est devenu un type de milieu de terrain différent. Le coureur d’action est devenu une présence plus profonde et plus mesurée. Désormais, il contrôle le tempo, occupe des espaces intelligents et dicte le jeu avec autant d’expérience que d’athlétisme.
C’est une évolution qui a impressionné même la jeune génération. Hardik Singh, aujourd’hui l’un des leaders de l’équipe indienne, appartient à un groupe qui a grandi en regardant Manpreet. Aujourd’hui, il parle ouvertement de son admiration pour la capacité du vétéran à suivre le rythme de joueurs de près d’une décennie plus jeunes.
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Cependant, le cheminement vers le disque n’a pas été tout à fait simple. Plus tôt cette année, l’omission de Manpreet du camp national a brièvement soulevé la question de savoir s’il aurait une chance de dépasser la marque de longue date de Tirkey. Pour un joueur qui a passé une grande partie de sa carrière à naviguer dans les incertitudes qui définissent le hockey indien, c’était un autre rappel que la longévité n’est jamais garantie.
Il est revenu, a repris sa place et s’est finalement dégagé au sommet. C’est peut-être le moyen le plus approprié pour que le disque arrive.
Au hockey indien, survivre à un cycle est difficile. Manpreet Singh en a survécu à quatre.